JUSTICE ET SOLIDARITÉ

L’Équipe diocésaine Justice et solidarité de l’Archidiocèse de Moncton a pour mission de promouvoir la justice sociale et la solidarité dans le milieu de vie. Son rôle est d’appuyer les efforts déployés dans le diocèse pour promouvoir la justice sociale auprès des personnes démunies, défavorisées ou victimes d’injustice. L’Équipe est un groupe formé de représentantes et de représentants du dossier Justice et solidarité des différentes unités pastorales du diocèse de Moncton.

L'équipe cherche à assurer une présence auprès des démunies, défavorisées ou victimes d’injustice afin de les aider à trouver des solutions à leurs problèmes. Nous cherchons à informer les paroissiennes et les paroissiensainsi que le public de la pauvreté et des injustices que subissent des personnes autour de nous et les amener à réaliser qu’il y a encore des pauvres aujourd'hui même si leur visage est différent que ce qu’il a été dans le passé.  Nous voulons travailler à remédier à cette pauvreté en appuyant les projets et les initiatives d’entraide et en valorisant le travail et les œuvres accomplies en faveur des personnes démunies. Nous cherchons aussi à rappeler aux communautés paroissiales, qu’elles doivent se préoccuper des questions de justice et de pauvreté et faire des efforts pour que chaque personne se sente incluse.  Nous réalisons cependant que la solidarité doit dépasser les limites de la paroisse ou de l’unité pastorale. Nous coordonnons donc les actions proposées par Développement et Paix et le Service d’animation missionnaire.

Ce travail que nous accomplissons est indissociable de la foi. Voilà justement ce qui nous différencie des groupes revendicateurs. L'Église nous invite à connaître et à communiquer aux autres, les dix principes fondamentaux de son enseignement social.

Je vous suggère de consulter l'article: DIX PRINCIPES FONDAMENTAUX DE LA DOCTRINE SOCIALE DE L'ÉGLISE, par Robert P. Malnoney, C.M., Depaul University. Il énumère ces dix principes fondamentaux qui sont essentiels à la foi. L'option préférentielle de l'Église pour les  pauvres en découle.

Jésus lui-même a aimé les pauvres d’un amour privilégié et les principes de son enseignement prennent leurs racines en Dieu, pour qui toute personne humaine est égale. En Lui nous trouverons la vision juste et l’énergie pour persévérer à long terme. C’est en le priant et en lui faisant confiance que l’Esprit travaillera à travers de nous et nous habilitera.

L’Église de Moncton, comme ailleurs, est toujours en changement. Nous voyons aujourd’hui une nouvelle manière de faire Église. Elle devient plus vraie et donc plus riche. Avoir à cœur la justice sociale et la solidarité c’est démontrez une Église qui est un signe tangible et visible de la bonté de Dieu là où sont les hommes, les femmes et les enfants. C’est faire connaître l’amour que Jésus nous a si bien enseigné.

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UNE RÉFLEXION EN CETTE PÉRIODE DE COVID-19       

SEPTEMBRE 2020

Plusieurs personnes disent: On n’oubliera certainement pas l’année 2020!! Une pandémie mondiale c’est toute une affaire! Un virus qui a paralysé le monde!

Il est vrai que les derniers mois furent difficiles. Presque tout s’est arrêté pendant plusieurs mois. Le confinement nous fait souffrir d’une façon ou d’une autre : la peur, l’anxiété, l’incertitude, les routines chambardées, l’éloignement des membres de nos familles, de nos amis, la perte d’un emploi, la réalisation que notre maison commune est très malade… et pour certaines personnes au pays, devenir infecté et mourir seul, d’une manière inhumaine, suivi d’un deuil cruel pour les survivants.

Pour plusieurs personnes, le confinement et ses souffrances ont permis de s’arrêter et de mesurer l’importance de leur foi. Plusieurs disent avoir tellement prié car ils avaient tellement besoin de force et de la paix du coeur! Ils avaient hâte de revenir dans nos bâtiments, entourés d’une communauté de croyants, aussi petite soit-elle. Tandis que pour d’autres, prier avec la télévision, dans le confort de leur maison, faisait bien leur affaire et le fait encore d’ailleurs.

Serait-ce exagéré de croire que cette crise mondiale menace la structure de notre église comme nous la connaissons? Nos églises sont-elles à une croisée de chemin? Et pourtant, nous savons que le besoin de faire connaître Jésus est encore plus grand pendant une période aussi difficile. Peut-être que la demande du Pape François de sortir de nos églises devient de plus en plus nécessaire! Il n’y a aucun doute que sortir de nos structures bien établies…ça nous dérange et c’est difficile.

Afin de trouver assez de bénévoles dans nos églises pour s’assurer que les consignes de sécurité du COVID-19 soient respectées, nous avons dû cesser de travailler par dossier spécifique distinct et travailler ensemble pour réussir. La pandémie nous a-t-elle déjà forcé  à changer un peu notre fonctionnement?

Nous sommes certainement restreints dans nos manières d’agir. Nous devons respecter la distanciation et les autres consignes, ce qui rend difficile d’approcher les personnes, de les toucher physiquement. Peut-être sommes-nous un peu comme une personne ayant un handicap. Cette personne doit trouver des manières différentes de faire les choses qui sont souvent prises pour acquis par les personnes bien-portantes.

Une chose est certaine…le confinement nous a permis de nous concentrer sur l’essentiel; sur ce qui est le plus important dans notre vie. L’Esprit nous guidera-t-il pour que nous puissions nous concentrer sur l’essentiel dans notre Église en cette période de pandémie mondiale? Est-ce que nous croyons vraiment qu’Il est à l’œuvre? Est-ce que nous lui demandons de nous guider?

L’essentiel de notre mission n’est-il pas l’accueil, le pardon, la miséricorde, et l’amour pour que les personnes puissent découvrir le Christ à travers chacun de nous? La sincérité du cœur, malgré nos faiblesses et nos manquements, rend le Christ présent. Si cela est vrai, ça voudrait donc dire que ce n’est pas uniquement à travers les rituels et les structures (auxquels nous tenons tellement) que nous reconnaissons Jésus en premier. Cela veut donc dire qu’il est possible de continuer l’essentiel de notre mission en Église.

Quant à notre société, cette crise semble avoir mis l’emphase sur certaines faiblesses. Nous avons découvert que les  travailleurs les plus essentiels sont souvent les moins payés.  Nous nous sommes rendu compte que la nourriture que nous consommons, dépend beaucoup des produits importés. Nous avons découvert que nos personnes âgées dans les foyers ne reçoivent pas les soins qu’ils méritent et qu’il y a une pénurie de personnel.

Une crise met aussi l’emphase sur nos forces en tant que société. Nos différents leaders politiques provinciaux ont pu mettre de côté leurs différences, travailler ensemble pour le bien de tous, et ainsi être vraiment au service des gens de notre province afin d’éviter une éclosion du COVID. Les néo-brunswickois ont démontré leur résilience, leur capacité de s’adapter, ainsi que leur créativité. Dès le début de la pandémie, les travailleurs essentiels ont su mettre de côté leurs peurs afin de continuer de  nous servir.

 Comme nous le dit le Pape François:

Lorsque nous sortirons de cette pandémie, nous ne pourrons pas continuer à faire ce que nous faisions, et comme nous le faisions…Comment voulez-vous en sortir? Meilleurs ou pires? Toutes ces souffrances n’auront servi à rien si nous ne construisons pas ensemble une société plus juste, plus équitable, plus chrétienne, non pas en paroles mais dans les faits. (le 30 mai 2020 Agence France-Presse)

Dans un autre message publié le 13 juin 2020 dans le journal Le Soleil, le Pape François nous dit encore :

…L’Église n’a pas de solutions globales à proposer face aux cris silencieux de nombreux pauvres...Nos richesses spirituelles et matérielles ont été remises en question et nous avons découvert que nous avions peur. Enfermés dans le silence de nos maisons, nous avons redécouvert l’importance de la simplicité et d’avoir le regard fixé sur l’essentiel.

Je souhaiterais bien qu’après cette pandémie nous soyons en mesure de combattre les inégalités, de redevenir un avec la nature et de travailler pour une plus grande paix les uns avec les autres. Mais comment s’y prendre pour accomplir une aussi grosse tâche?

À la page 49 de son livre VIVRE SA FOI AU QUOTIDIEN, Henri J.M. Nouwen nous dit :

Plus je pense aux souffrances humaines de ce monde et à mon désir de les soulager, plus je réalise combien il est important de ne pas me laisser paralyser par des sentiments d’impuissance et de culpabilité. Il me faut plus que jamais être fidèle à ma vocation à bien faire les petites choses qui me sont confiées, et à goûter la joie et la paix qu’elles m’apportent…Je dois garder mon regard fixé sur Jésus et sur ceux qui l’ont suivi, confiant que je saurai vivre pleinement ma mission : dans notre monde, être un signe d’espérance.

Je vous souhaite donc de continuer d’être ce signe d’espérance dans notre monde bouleversé par le COVID-19, le regard fixé sur l’essentiel afin d’en ressortir meilleur! 

 

Gladys LeBlanc
Coordonnatrice diocésaine
Justice et solidarité